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Les éditions commune

Livres d'artistes et de chercheurs

La parole perdue et retrouvée de Marc Scialom

Publié le 2 Avril 2015 par Les éditions commune in publication

Cinéma hors capital(e) Numéro 4

"Film incandescent, film rescapé, Lettre à la prison est le grimoire halluciné d’une expérience intime de l’immigration. Une œuvre hors norme, dont la modernité trouve sa filiation du côté de Buñuel, Jean Vigo, Pasolini, un cinéma de poète, d’images fulgurantes; un cinéma de montage, de greffes, d’incidentes, de collision et de stases, où l’univers onirique et la vérité documentaire (du même registre parfois que celle du Jean Rouch de La Pyramide Humaine) se conjuguent pour mettre en scène l’expulsion de soi-même qu’opère la condition d’immigré. Dans la frontalité d’un gros plan saisissant, une petite tunisienne au visage maladroitement maquillé, concentre crûment dans son regard qui nous fixe l’assignation qu’elle a déjà appris des regards occidentaux. La lettre que Tahar adresse (en un off brut) à son frère emprisonné exprime ses vacillements au contact brutal du sol français, où les suspicions nourrissent fantômes et hantises. Articulant «la réalité objective et la subjectivité la plus profonde», Marc Scialom construit un récit d’une grande charge émotionnelle dont la force narrative tient au dévoilement progressif d’une culpabilité programmée." Cati Couteau, membre de l’Acid

Textes de Marc Scialom, Saad Chakali et Jean-François Neplaz / Format 13x18, 208 pages couleur et NB, DVD encarté des films Lettre à la prison (1969-1970, 16mm, 70'/restauration en 2008) et La Parole perdue (1969, 16mm, 8'), accompagnés d'un Entretien avec Marc Scialom, film de Franck Déglise-Bougherra (2006, 11') / ISBN : 979-10-91248-08-2 / prix livre-DVD 25 €

Biographie, Marc Scialom, né en 1934 à Tunis : « L’enseignement et le journalisme m’ont d’abord tenté. Simultanément j’ai essayé de faire des films. Il n’y en a guère eu que deux ou trois – à peine des ébauches. Le moins inabouti a été un court-métrage en 35 mm sur Dante, Exils, produit en 1966 et qui a obtenu un Lion d’argent à Venise en 1972.  Quant au plus ambitieux (qui fut aussi le moins bien reçu à l’époque), ç’a été un long-métrage en 16 mm tourné à Marseille, Lettre à la prison (1970). Après 1970, ayant rencontré décidément trop de difficultés dans le cinéma, je suis revenu à l’enseignement. Doctorat d’Etat obtenu tardivement : j’avais plus de quarante ans. J’ai été chargé de cours à la Sorbonne, puis maître de conférences d’italien à l’Université de Saint-étienne. Entre autres travaux universitaires, j’ai rédigé une traduction de la Divine Comédie publiée par Le Livre de Poche (1996, 3 rééditions). Mais depuis longtemps je me voulais aussi romancier. La retraite m’en laisse enfin le loisir. J’avais déjà publié, en 1967, un court roman intitulé Loin de Bizerte (Mercure de France). Et cette année-ci, j’ai achevé un second roman plus ample, Les autres étoiles, publié chez  Artdigiland. Je m’attelle maintenant à l’écriture d’un conte fantastique traitant des thèmes qui continuent de me tenir à cœur, l’exil, l’humiliation. »

Ouvrage publié avec le concours financier du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, de la Ville de Marseille, avec le soutien de Film flamme-Polygone étoilé et de Shellac.

Vous pouvez également commander les autres ouvrages de Marc Scialom chez Artdigiland, Dublin

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