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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 16:22
Bruno Muel filme les FARC en 1965, à Rio Chiquito, Colombie

Bruno Muel filme les FARC en 1965, à Rio Chiquito, Colombie

Les éditions commune et Film flamme, collectif de cinéastes, écrivent leur histoire du cinéma. La collection Cinéma hors capital(e), lancée en avril 2011, compte aujourd'hui 6 titres (lire toutes les informations ci-dessous!). Le dernier, Rushes de Bruno Muel, revient sur le parcours et l'engagement d'un cinéaste incontournable, compagnon de René Vautier, de Jean-Pierre Thorn, des ouvriers de Sochaux et de Renaud Victor.

 

Numéro 6   RUSHES DE BRUNO MUEL

Un texte magnifique de Bruno Muel sur les images, le montage, l'engagement — qui fait rendre un drôle de son à notre époque —, des documents sur les groupes Medvedkine, des photogrammes de Rio Chiquito et de Septembre chilien et un DVD comprenant la version restaurée d'Avec le sang des autres et un court de René Vautier (Les trois cousins). Ouvrage publié avec le soutien du CNL. Un grand merci à Iskra, aux Mutins de Pangée et à Moïra Chappedelaine-Vautier pour nous avoir permis de rééditer ces films.

 

> à lire, en espagnol : un entretien de Bruno Muel et Manuel Salamanca pour VOZ, hebdomadaire communiste. Traduit en français dans Le Grand Soir.

> à lire : un article de Jean-Michel Frodon pour Slate.fr

> à écouter : la parole de Christian Corouge, dans Avec le sang des autres [extrait]

> à télécharger : sur le facebook de David Yon, une discussion au lendemain des projections des films de Bruno au Polygone étoilé pendant la Semaine asymétrique 2016.

 

Textes de Bruno Muel et Francine Muel-Dreyfus ; photogrammes et photographies inédites de Colombie, du Chili, de Besançon et de Sochaux.  Format 13x18, 240 pages, 95 illustrations couleur et NB. ISBN 979-10-91248-12-9 / août 2016 / DVD avec copie restaurée de Avec le sang des autres de Bruno Muel et Les trois cousins de René Vautier / Ouvrage publié avec le soutien du CNL / Prix 25 €

 

J’ai rencontré Bruno Muel pour une émission sur Sochaux, sur la condition ouvrière chez Peugeot et sur son film Avec le sang des autres, avec la voix bouleversante de Christian Corouge parlant de ses mains d’ouvrier. Nous nous sommes revus pour parler d’un autre de ses films, Septembre chilien. Il y a dans ce film un des plus beaux plans et l’un des plus beaux sons de cinéma, tournés quelques jours après le 11 septembre 1973 à Santiago. Avec le coup d’État de Pinochet et de la CIA, le Chili entrait dans la nuit. Quelques jours plus tard, le pays effaré apprend la mort de son grand poète Pablo Neruda. Caméra à l’épaule, Bruno Muel filme son enterrement. Et ces funérailles vont se transformer en une manif contre la dictature. Une voix lance «Pablo Neruda!» et la foule répond «Présent!» à plusieurs reprises. Ainsi, dans le même plan, on a la dictature et la mort, mais aussi on a le refus, on a la dignité, on a la résistance. On a la puissance de la poésie. Cette fois, avec ce livre, c’est le stylo qui remplace la caméra. En 1983, le temps d’un vol de nuit vers la Colombie où il revient filmer la guérilla des FARC, Bruno Muel se laisse aller à entremêler récit, souvenirs et réflexions sur son parcours. Aujourd’hui, caméra, micro ou stylo en main sur les routes du monde, des jeunes gens poursuivent ce rêve naïf et que j’aime et que je partage toujours, qui est de se dire «Si j’y vais, ça va pas se passer comme ça». C’est la foi que partage Bruno Muel. C’est la foi qui parcourt ce récit, ces «rushes». [Daniel Mermet]

 

Pour le plaisir, voici un petit texte de notre ami Jean-Pierre Thorn, sans qui ce livre n'aurait pas existé :

Bruno Muel, c’est cela : cette façon unique de se mouvoir avec sa caméra, tel un danseur, d’un visage à l’autre, d’un geste à l’autre. C’était déjà là dans le premier film, Rio Chiquito : j’avais 20 ans et je découvrais pour la première fois, dans la forêt colombienne, des guérilleros avec de vrais visages. Plus tard, j’ai retrouvé cette caméra glissant au milieu des corps criant leur désespoir lors de l’enterrement de Neruda, après le coup d’état de Pinochet, dans Septembre Chilien. Bruno avait eu cette simplicité et ce courage-là : aller chercher sa caméra, son pote Théo, pour se glisser au milieu des gens. Peu d’entre nous ont eu cette force modeste. C’est sans doute cela qui fait qu'il a réalisé, avec les groupes Medvedkine, l’un des films les plus passionnants de l’après-68, Week-end à Sochaux, où il mêle documents et fictions avec un toupet et une liberté de ton incroyable. C’est pour moi l’un des films les plus inventifs de cette époque, qui témoigne, plus que nul autre, de cette aspiration à la révolution des jeunes ouvriers d’alors. Oui, c’est cela Bruno Muel : ce n’est pas seulement d’enregistrer une image dont il s’agit, c’est d’amour aux êtres et aux corps — à leurs révolutions. [Jean-Pierre Thorn]

 

 

La collection est en vente dans les librairies de Marseille (Odeur du Temps, Histoire de l'œil, Friche de la Belle de Mai, MuCEM, Librairie de l'Arbre, Librairie Transit, Vidéodrome2…), à Paris (Atelier d'à côté, Cinémathèque de Paris, Librairie du Cinéma du Panthéon et La Friche), à Toulouse, librairies Oh les beaux jours, Ombres blanches et Terra Nova. Je t'ai dans la peau de Jean-Pierre Thorn est également disponible à Lyon: Librairie Ouvrir l'œil, Le Bal des ardents, Librairie Musicalame, La Gryffe et à Villeurbanne: Les lettres à croquer et Fantasio, et à Longwy, Librairie Virgule. Rushes de Bruno Muel est disponible aux Sandales d'Empédocle à Besançon.

 

 

Numéro 5   DIGITAL(E)  L'ARGENTIQUE À L'HEURE DU NUMÉRIQUE

Transcription du débat organisé par L'Abominable au festival Cinéma du Réel 2013. Avec Nicolas Rey, Nathalie Nambot, Stefano Canapa (L'Abominable) et Jean-Pierre Beauviala (Aaton), Francesca Bozzano (Cinémathèque de Toulouse), Olivier Dutel (Gran Lux), Lili Hinstin (Réel), Aurélia Georges (ACID), Jean-François Neplaz (Film flamme), Nadia Turincev (Rouge international)… Format 13x18, 128 pages couleur et NB. ISBN 979-10-91248-10-5 /novembre 2015 / Prix 10 €

 

Un jour se fera l'histoire du basculement de la projection cinématographique vers le numérique. L'histoire de ce qu'on appelle trop facilement une révolution (le mot revient à de multiples reprises dans le débat publié ici) mais qui a tout du contraire : plutôt une étape supplémentaire de l'industrialisation du commerce des images. Pourtant, tout basculement, aussi violent soit-il, a ses résistances, qu'incarnent celles et ceux qui, malgré les difficultés anciennes et nouvelles, poursuivent leur chemin, indifférents au sens du vent.

Le débat organisé par L'Abominable, laboratoire cinématographique partagé, à l'invitation de Cinéma du Réel pendant l'édition 2013 du festival, faisait suite à l'attribution du Grand Prix, l'année précédente, à un long-métrage en 16 mm, autrement, la Molussie, de Nicolas Rey. L'équipe de L'Abominable tente d'y créer un espace de discussion critique, partant du point de vue qu'un certain nombre de cinéastes tiennent à continuer à utiliser le support photochimique, qu'un certain nombre de programmateurs continuent à montrer des films en pellicule, qu'un certain nombre de spectateurs font la différence : un débat animé, reflet d'un basculement pourtant présenté comme une évidence.

L'Abominable

 

Ouvrage publié avec le concours financier du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, le soutien de L'Abominable et de Film flamme.

 

 

Numéro 4    La parole perdue et retrouvée de Marc Scialom

Textes de Marc Scialom, Saad Chakali et Jean-François Neplaz. Format 13x18, 208 pages couleur et NB, DVD encarté des films Lettre à la prison (1969-1970, 16mm, 70'/restauration en 2008) et La Parole perdue (1969, 16mm, 8'), accompagnés d'un Entretien avec Marc Scialom, film de Franck Déglise-Bougherra (2006, 11'). ISBN : 979-10-91248-08-2 / Prix 25 €

 

"Film incandescent, film rescapé, Lettre à la prison est le grimoire halluciné d’une expérience intime de l’immigration. Une œuvre hors norme, dont la modernité trouve sa filiation du côté de Buñuel, Jean Vigo, Pasolini, un cinéma de poète, d’images fulgurantes; un cinéma de montage, de greffes, d’incidentes, de collision et de stases, où l’univers onirique et la vérité documentaire (du même registre parfois que celle du Jean Rouch de La Pyramide Humaine) se conjuguent pour mettre en scène l’expulsion de soi-même qu’opère la condition d’immigré. Dans la frontalité d’un gros plan saisissant, une petite tunisienne au visage maladroitement maquillé, concentre crûment dans son regard qui nous fixe l’assignation qu’elle a déjà appris des regards occidentaux. La lettre que Tahar adresse (en un off brut) à son frère emprisonné exprime ses vacillements au contact brutal du sol français, où les suspicions nourrissent fantômes et hantises. Articulant «la réalité objective et la subjectivité la plus profonde», Marc Scialom construit un récit d’une grande charge émotionnelle dont la force narrative tient au dévoilement progressif d’une culpabilité programmée."
Cati Couteau, membre de l’Acid

 

Biographie, Marc Scialom, né en 1934 à Tunis : « L’enseignement et le journalisme m’ont d’abord tenté. Simultanément j’ai essayé de faire des films. Il n’y en a guère eu que deux ou trois – à peine des ébauches. Le moins inabouti a été un court-métrage en 35 mm sur Dante, Exils, produit en 1966 et qui a obtenu un Lion d’argent à Venise en 1972.  Quant au plus ambitieux (qui fut aussi le moins bien reçu à l’époque), ç’a été un long-métrage en 16 mm tourné à Marseille, Lettre à la prison (1970). Après 1970, ayant rencontré décidément trop de difficultés dans le cinéma, je suis revenu à l’enseignement. Doctorat d’Etat obtenu tardivement : j’avais plus de quarante ans. J’ai été chargé de cours à la Sorbonne, puis maître de conférences d’italien à l’Université de Saint-étienne. Entre autres travaux universitaires, j’ai rédigé une traduction de la Divine Comédie publiée par Le Livre de Poche (1996, 3 rééditions). Mais depuis longtemps je me voulais aussi romancier. La retraite m’en laisse enfin le loisir. J’avais déjà publié, en 1967, un court roman intitulé Loin de Bizerte (Mercure de France). Et cette année-ci, j’ai achevé un second roman plus ample, Les autres étoiles, publié chez  Artdigiland. Je m’attelle maintenant à l’écriture d’un conte fantastique traitant des thèmes qui continuent de me tenir à cœur, l’exil, l’humiliation. »

 

Ouvrage publié avec le concours financier du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, de la Ville de Marseille, avec le soutien de Film flamme et de Shellac.

Vous pouvez également commander les autres ouvrages de Marc Scialom chez Artdigiland, Dublin

 

 

Numéro 3   JE T'AI DANS LA PEAU DE JEAN-PIERRE THORN

Textes de Jean-Pierre Thorn, Jean-François Neplaz, Kiyé Simon Luang, Laura Laufer et Raphäl Yem ; témoignages de Séverin Montarello, Michel Olmi (recueilli par Raphaël Mouterde), Françoise Arnaud ; documents : entretien Serge Daney/Jean-Pierre Thorn- Microfilm 1990. Format 13x18, 208 pages couleur, DVD encarté Je t'ai dans la peau de Jean-Pierre Thorn (118') et Traces de Je t'ai dans la peau de Achille Chiappe (29'15"). ISBN : 979-10-91248-05-1 / Prix 25 €

 

Je t’ai dans la peau est une fiction tournée à Marseille en 1988. Inspiré d’une histoire réelle, le film raconte l’histoire de Jeanne, religieuse qui tombe amoureuse d’un prêtre-ouvrier, devient leader syndicaliste et s’engage au service de la cause féministe. Jeanne, jouée par Solveig Dommartin, l’héroïne des Ailes du désir, ou celle par qui le scandale arrive… Elle aspire au bonheur mais incarne jusque dans sa fin tragique l’aventure d’une génération qui voit, des années 1950 à 1981, ses rêves se briser implacablement… Ce livre et ce film ne nous enferment pas dans une histoire passée, mais posent au contraire des continuités entre des engagements d’hier et leurs métamorphoses au présent.

 

"Cher Jean-Pierre Thorn, bien que mon désir soit on ne peut plus réel de voir, revoir, parler de, écrire sur vos films, j'ai glissé depuis l'été dans le Grand Divertissement: voyages incessants, conférences innombrables, fatigue probablement vaine. Avec à peu près tout ce que j'aime vraiment, vos films ont été victimes de ce temps qui passe sans qu'on puisse lui accorder une véritable importance, ni en prendre la mesure. Ayant constaté les dégâts, j'ai fini par réorganiser tout mon temps et me voici dans un hameau désert… Enfin, chaque soir, je regarde un de vos films. Ma hiérarchie est mouvante, mais ce matin, je pense que mon préféré est Le dos au mur, que je tiens pour le plus grand de tous les films que je connais qui traitent de l'usine sous l'angle du conflit (il y a de grands films chinois qui en traitent sous l'angle de sa fin). Du reste, les séquences d'atelier dans Je t'ai dans la peau sont également remarquables, faisant venir au jour sinon le conflit du moins ses conditions. A vrai dire, le récit que vous proposez de la France vu du point de son peuple réel est unique en son genre. Fraternellement, cher camarade, cher ami lointain et proche,

Alain Badiou"

 

Jean-Pierre Thorn  est réalisateur, il est notamment l'auteur de Oser lutter, oser vaincre Flins 1968, Le dos au mur (1990), Faire kiffer les anges (1996), On n'est pas des marques de vélo (2002), 93 La Belle rebelle (2007-2010)…

Achille Chiappe est réalisateur, il est notamment l'auteur de Etant donné Richard Baquié (1998), Il va pleuvoir (1996), Notre-Dame de Jérusalem (1994), Maria (1993)…

A lire, un article de Rodolphe Olcèse, paru dans le magazine en ligne A bras le corps : c'est ici.

Ouvrage publié avec le concours financier du Conseil général des Bouches-du-Rhône, du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, et le soutien de la Cinémathèque de Toulouse, des Films d'Ici et de Film flamme.

 

 

Numéro 2  Flacky & camarades, Le CINÉMA TIRÉ DU NOIR DE AARON SIEVERS  

Textes de Aaron Sievers, Jean Duflot, Marc-Henri Piault, Christian Hottin, Jean-François Neplaz, Marie-Jo Aiassa, Kiyé Simon Luang. Textes extraits du film : André Flament, Roger Moreels, Ignace Flaczynski. Format 13x18, 144 pages (16 pages couleur, 128 pages noir et blanc, 42 images, DVD encarté du film Flacky & camarades ou le cheval de fer  (103 mn) avec court métrage La leçon de cinéma de Pierre Gurgand  (11 mn). ISBN : 978-2-9534899-4-1 / Prix 25 €

 

couvFlackywebà la fin des années soixante-dix, Pierre Gurgand, réalisateur, alors conseiller technique et pédagogique auprès de l’Institut National d’éducation Populaire, avait déplacé les stages cinématographiques et photographiques dans les corons, au cœur du peuple, entre Lens, Sallaumines et Liévin. C’était la fin des mines, le lent démantèlement de l’industrie lourde, une page de l’histoire ouvrière se tournait. Nous nous sommes retrouvés, longtemps plus tard, dans un même « faire » cinématographique. Les outils étaient là, au Polygone étoilé. Nous avons commencé à revoir et écouter, ensemble, les trente heures d’images et les deux cents heures de sons enregistrés par son équipe et par les stagiaires au cours de ces années passées en Pays Minier. En 2003, au lendemain du décès de Pierre, tenant promesse et m’entourant de complices, je me suis mis à la table de montage pour me confronter à cette matière monumentale. Il s’agissait tout d’abord d’extraire la parole des mineurs, d’extraire leur mémoire et de la remonter à la lumière. La fragilité des images inversibles 16 mm, mais aussi la réelle présence des stagiaires, perceptible dans la matière filmée, par les mouvements, leurs tremblements, les temps de prises de vue et leur rythme, m’ont conduit à conserver la durée initiale des plans et à réaliser un montage cut, sans coupes. La fragilité des images, entre surexposition, flous et filages, fait surgir l’humain comme une apparition. 

Aaron Sievers

 

Aaron Sievers est réalisateur, monteur, chef opérateur et conseiller technique des Ateliers Cinématographiques Film flamme.

Pierre Gurgand, conseiller technique et pédagogique cinéma auprès de l’Institut National d’Education Populaire, est réalisateur. Il a lancé les unités cinéma des Maisons de la Culture de Martinique et de Polynésie ainsi que les ateliers de Création du Nord-Minier et du Poitou.

 

La réédition de ce livre en 2012 a été soutenue par le Conseil général des Bouches-du-Rhône.

 

 

Numéro 1 LA REMONTÉE DU TEMPS DE JEAN-FRANÇOIS NEPLAZ
 

Ouvrage collectif : Frédéric Valabrègue, J.-F. Neplaz, Paul-Emmanuel Odin et Rodolphe Olcèse à propos de 4 courts métrages (L’autre matin... en attendant Mario Rigoni Stern 2006, 13’ | Tu, un film polonais 1991, 13’ | Ante Inferno 1987, 11’ | Champ profond 1979, 12’). Format 13x18, 96 pages noir et blanc, dessins, 3 images couleurs, 10 NB, DVD du film encarté. ISBN : 978-2-9534899-3-4 / Prix 20 €  

 

couvRemontéewebTrois auteurs parcourent cette spirale du temps proposée par J.-F. Neplaz (cinéaste et cofondateur de Film flamme et du Polygone étoilé) et font lecture des films qui fondent l'ouvrage. Lectures autant contradictoires parfois, que complémentaires dans leurs perceptions et analyses. Depuis l'enracinement sombre et « l'emprise au sol » du cinéaste relevés par Frédéric Valabrègue (écrivain et enseignant aux beaux-arts de Marseille), ou l'élancement qu'y joue la figure de l'arbre, écologie politique et physiologique scrutée par Paul-Emmanuel Odin (artiste, directeur artistique à la Compagnie, critique), jusqu'à l'hypothèse des éclats de lumière qui font vibrer la sensibilité spiritualiste de Rodolphe Olcèse (cinéaste et critique de cinéma), c'est la complexité interprétative d'une œuvre qui se révèle. Une œuvre alors dont le rapport à la guerre civile agit sur la matière humaine comme un soc de charrue travaille la terre, en retourne et met à nue l'entraille. Et c’est une mise à nue aussi que propose J.-F. Neplaz. Son texte suit deux chemins entrelacés : un premier récit retrace la genèse de ces 4 films et constitue un descriptif du processus de création de chacun d’eux. Parallèlement, dans un second mouvement, l’auteur porte une réflexion sur le geste cinématographique et interroge de manière critique son analyse chez des théoriciens comme Jacques Rancière et Giorgio Agamben à travers le geste politique et poétique de Jean-Luc Godard. Une réflexion qui déporte l’attention de l’analyse sur le rôle du son et celui de l’improvisation. 

 

J.-F. Neplaz est diplômé de l’Institut des Hautes études Cinématographiques (IDHEC, devenue la FEMIS) en 1979 (prise de vue et réalisation). Dernier film, sorti en 2015 : 1999 ou la Belle humeur, avec Jean-Paul Curnier, sa filmographie est en ligne sur le site du Polygone étoilé. Il est  également producteur,  il a dirigé la restauration de Lettre à la prison de Marc Scialom, film retrouvé, tourné entre Marseille et Tunis au cours des années 1969-1970, dont la sortie en salle en décembre 2009 a reçu un accueil critique élogieux. Il a également accompagné la production de Flacky & camarades ou Le cheval de fer de Aaron Sievers. Entretien avec le cinéaste, "Nos Libertés", à écouter sur le site des amis de Dérives.

 


 

Numéro 0     QUE DIRE ?

Textes des auteurs de Film flamme. La publication a paru au moment où les films du collectif sont sélectionnés (et primés !) par les plus grands festivals internationaux alors que leur réalisation est peu soutenue… Auteurs : Kiyé Simon Luang et Jean-François Neplaz | Avril 2010 | Format : 13x18cm, 40 pages, 4 ill. NB. Ce numéro est aujourd'hui offert à tous les acheteurs des numéros suivants !

couvQuedirepromo-copie-1.jpgPendant plusieurs années, nous avons travaillé sans chercher à faire savoir. Au temps du grand communicant c’est mort subite… Ou peut-être pas. Si t’exposes pas, tu prêtes pas le flanc. C’est comme une brume qui jette le trouble sur la visée… Manque de courage disent certains qui sont les premiers à tirer. Sourire… Passé du «Que faire?» au «Que dire?» dans un glissement de siècle. Les mots font sature, boursoufle, avance sur recette, scénario, météo de la veille, pilule du lendemain, sondage et analyse… Comme en temps de guerre, mesure et contre-mesure, signal et brouillage. Les films viennent après, dont on sait tout quand ils arrivent. Et en vérité c’est vrai, souvent on en sait tout. C’est pas la moindre des surprises que ces images et sons qui tiennent en quelques mots. Sous le règne de l’image, on parle pour voir. Même le son qui s’affiche graphe. ça se voit sur l’écran que le son n’est pas assez, ou trop… On n’en croit pas nos oreilles, visiblement… Les mots font boucan. Les bouquins se font désirer. Sur notre chemin, un rien pensé… Il y a quelques balises. Et des compagnons. Convoqués au gré des coups de chien pour venir à la manœuvre, tourner le bout qui va bien, «empanner la table à carte»… Boire en équipage. On en pose là, aujourd’hui dans cette publication, de ces moments du passé. Pas vraiment fondateurs, pas vraiment manifestes. Ils sont venus plutôt dans le tombé du geste. L’ami qui pose une question, le verre cogne sur la table… Et on raconte un peu. On se livre…

J.-F. Neplaz

Cinéma hors capital(e), avec Film flamme
La collection Cinéma hors capital(e) a reçu leur soutien depuis 2011

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